Cela faisait douze ans que James Cameron n’avait plus sorti le moindre long métrage, précisément depuis Titanic et son succès historique au box-office en 1997. Ce n’est qu’en 2005 qu’il annonçait la mise en chantier effective d’Avatar, dont la réalisation aura au total pris pas moins de 4 ans. Cinéaste des records, il signe ici le nouveau film le plus cher de tous les temps… et il semblerait bien que ce soit un retour gagnant.

Avatar est le nom d’un projet développé par des scientifiques, permettant de se plonger dans des corps d’humanoïdes appelés Na’vi. Ces êtres bleus au physique athlétique sont en effet les principaux habitants de Pandora, planète que nos chercheurs entendent étudier et préserver. Pourtant la présence humaine y est essentiellement militaire : il s’agit d’exploiter, y compris par la force, le juteux filon d’un minerai énergétique enfoui dans le sol. Pris entre ces deux pôles antagonistes, Jake, ex-marine paraplégique propulsé dans le projet Avatar, va se retrouver au centre d’une aventure fabuleuse.
Une planète imaginaire, peuplée de créatures étranges, à la faune et à la flore baroques… nous voici en somme face à une œuvre de pure science-fiction, fascinante et foisonnante. En la matière, Cameron n’en est pas à ses débuts (Terminator 1 & 2, Abyss, Aliens le retour…) mais a cette fois-ci effectué un pas de géant en franchissant la barre symbolique du 50% d’images de synthèses, et en créant de toutes pièces sa mythologie. Poussant plus loin le fantasme, il invite même son public à voir le film en 3D afin de s’immerger davantage encore dans l’univers d’Avatar : et ça marche !
Pourtant, si Avatar est visuellement très réussi, on ne ressent pas cette révolution annoncée dans les effets spéciaux. Ces derniers ont en effet l’intelligence de ne pas se suffire à eux-mêmes, et permettent de délivrer de réels messages politiques. Pas si science-fiction que ça, Avatar, quand on évoque par une métaphore à peine voilée l’effondrement des Tours jumelles, la guerre en Irak, ou tout simplement le péril écologique. Rien que de très politiquement correct, certes, mais dans un tel blockbuster cela peut agréablement surprendre, tout comme le discours implicite et quasi anthropologique sur le sauvage, qui bien évidemment n’est pas celui qu’on croit.
Au niveau du scénario, il en va de même : la force du récit, assez classique, réside dans un manichéisme bon ton qui sait cependant ménager des surprises et rappeler régulièrement que l’on n’a pas sous les yeux une production Disney. La science du contage de James Cameron est bluffante, produisant des personnages immensément attachants et un univers ultra-cohérent pour mieux nous coller au siège, nous émouvoir, nous fâcher tout rouge et nous faire rire. Les acteurs n’y sont d’ailleurs pas pour rien, et l’on retrouve avec joie la mythique Sigourney Weaver (Alien-girl), en charge de l’initiation du héros.
Mais à faire de la grande épopée classique, même très haut de gamme, ne risque-t-on pas un choc frontal avec d’autres monuments du genre ? On pense bien sûr à Star Wars pour le côté space opera, au Seigneur des Anneaux pour la touche heroic fantasy, ou encore à Matrix pour le passage d’un monde et d’un corps à l’autre. En creux, on notera que la simple utilisation du mot « avatar » renvoie elle directement au jeu vidéo et aux expériences de jeux de rôle dits massivement multi-joueurs (World of Warcraft ou son ancêtre EverQuest) : il est à ce titre intéressant, en termes d’addictologie, d’observer le devenir de Jake que l’on pourrait comparer à une fuite de la réalité. Après tout, le cinéma n’est-il pas lui aussi une forme d’évasion ?
Ce qui est réel, en attendant, c’est la qualité intrinsèque d’Avatar, qui parvient malgré la densité de ce maillage référentiel pré-existant à être véritablement original dans son univers. N’oubliant pourtant jamais ses fondamentaux, Cameron se rappelle à nos bons souvenirs par quelques clins d’œil, comme le recyclage amusant du « MechWarrior » d’Aliens, preuve que, au fond, rien n’a vraiment changé. Ne laissez donc pas les presque trois heures de pellicule vous effrayer : c’est ce bon vieux James qui est aux commandes.
Crédits photos : © Twentieth Century Fox France
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Je ne vais pas tarder à aller le voir. Toutes les personnes qui m’en ont parlé ont trouvé ça excellent. Avec cette critique en plus, j’espère ne pas être déçue !
Ce ne sont pas les recettes qui reflètent la qualité d’un film. Mais bon, le million de dollar est franchi ! Je dis Youhouuu
et 7 600 000 entrées en France ce soir. Bref, James Cameron peut être sûr et certain d’emmener Avatar à la 2ème place du Box Office International de ts les temps, juste derrière son Titanic…