Jim Carrey. Gay. Menteur. Comédie. Luc Besson. Le genre de mélange qui surprend quand on en voit apparaître le bout du nez, surtout quand la polémique enfle et que le film ne sort – quasiment – pas aux USA. Derrière le scandale (enfin, si l’on en croit la presse française, complètement à l’ouest), se cache un film aussi étrange que courageux.
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Jim Carrey est le roi du mensonge. On ne parle pas du film là, mais de sa carrière. Qu’il soit un menteur par amour dans Menteur Menteur, par folie dans le méconnu The Cable Guy de Ben Stiller, voire qu’il soit au cœur du mensonge dans The Truman Show, Jim Carrey est l’acteur du mensonge. Son nouveau film, I Love You Phillip Morris n’échappe pas à la règle. Il y joue un arnaqueur qui trompe d’abord sa femme avec des hommes avant de tromper son homme sur sa vie professionnelle.
Bien sûr, Carrey envahit l’image et le son dès la première minute et laisse rarement l’occasion à ses camarades d’en placer une. Ewan McGregor est un petit blondinet efféminé aussi impeccable que transparent, visiblement écrasé par son partenaire. Mais si le film est vendu comme une histoire d’amour gay, c’est en fait un film d’arnaqueur comme il y en a des centaines, à la différence près de son humour.
Chaque pays, chaque peuple a son humour. Récemment OSS 117 ironisait sur l’humour juif, c’est peut-être le moment de parler de l’humour gay. Dans la salle de I Love You Phillip Morris, rires gênés, sourires honteux parfois, certains se demandent un peu où ils ont mis les pieds. Des enfants même, assistent médusés à une fin de fellation hors-champ mais très sonore. Et pourtant, le film est drôle. Il se moque des gays, des religieux, des menteurs, des financiers… Il se moque beaucoup, parle de SIDA pour mieux en rire, joue sur les clichés homo.
Alors, mauvais goût ou audacieuse tentative ? A chacun son avis sur la question, surtout au visionnage du film, pas toujours tendre avec les homos. Mais I Love You Phillip Morris a le courage d’être curieux et téméraire, presque osé malgré une narration malhabile.
Lors des dernières minutes, on commence petit à petit à imaginer à quoi pourrait ressembler l’humour gay. C’est l’humour du mensonge, de la dissimulation, de l’arnaque. Celui du quiproquo, de l’auto-critique et du foutage de gueule généralisé. I Love You Phillip Morris ou la naissance de l’humour gay.
I Love You Phillip Morris
Sortie le 11 février 2010
Crédits photos : © EuropaCorp Distribution




Qu’est ce que t’appelles humour gay?
Les exemples de scenes comiques que tu donnes me font penser à Bruno. Ca se situe comment par rapport à Philipp Morris?
Pour le coup les deux films n’ont pas grand chose à voir. Brüno partait sur le flamboyant et le over-the-top alors que I Love You Phillip Morris reste plus sobre et plus “réaliste”.
Il y a dans le film un vrai jeu sur le mensonge et je pense que c’est là que se trouve l’humour gay (SI il existe bien sûr ^^).
Ok ok. Plus realiste donc plus impactant peut-etre?
” impactant” ? quel mot étrange.
je vous trouve un peu over the top les gars
“over the top” ? Pourquoi ça Marc ?
C’est juste l’utilisation des anglicismes qui me fait sourire.
@Marki Rollmops : Sourire mérité. Surtout qu’”impactant”, c’est quand même assez moche… Hein JC ?
Tiens vous mecs qui connaissez pas le TV americain, l’orginale humour gay = Will & Grace (1998). (<3 Forever! <3)
Mais… ça fait une éternité que l’humour gay existe ! Au même titre que la culture gay. Là où il y a culture, il y a art, littérature, idées, politique… et entre autres, oui, humour. Meilleur exemple que j’aie en tête, Les chroniques de San Francisco. Fabuleuse saga dont l’humour est pour moi typiquement gay. Cru, sarcastique, méchant parfois, beaucoup d’auto-dérision, parce que soyons honnêtes, la plupart des gays sont quand même très conscients de ce qu’ils sont, et se jouent beaucoup des clichés. Ca aussi, c’est une forme d’humour.
Pas vu le film, j’avais juste envie de réagir car le titre m’a fait bondir sur ma chaise.
Oui, je suis completement d’accord avec vous, mais je parle de l’humour gay public, ouvert, et accepté dans un sens commercial. On peut parler de “Some Like It Hot” ou “La Cage Aux Folles”, ou bien Oscar Wilde, etc… Mais Will & Grace était un grand progrès dans le monde de l’humour gay.