Michel Gondry se retrouve aux commandes d’un blockbuster hollywoodien sans parvenir à échapper à ses travers.
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C’est une cavalcade en trompette reconnue entre mille : réutilisée par Tarantino dans Kill Bill, la musique de The Green Hornet (Le frelon vert en français) est devenue aussi célèbre que la série dont elle est extraite, diffusée à la télévision américaine dans les années 1960. Pourtant, dans l’adaptation qu’en fait aujourd’hui Michel Gondry, il faut attendre le dénouement final pour en entendre quelques notes.
Un choix surprenant peut-être, mais pas incompréhensible. En évitant l’évident, le réalisateur d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind a sans doute voulu se démarquer de la série, devenue culte pour avoir révélé Bruce Lee. Une prise de distance facilitée par la relative virginité cinématographique du personnage de Green Hornet – un seul long métrage en 1940 – en comparaison à des héros fatigués comme Batman ou Spiderman. A l’image de son personnage Brit Reid, jeune bon à rien qui utilise l’empire médiatique hérité de son père pour se construire une image de justicier, le réalisateur avait la possibilité de rompre avec le passé pour produire une œuvre personnelle.
C’était sans compter la lourdeur qui sied à un blockbuster. Si Gondry sème dans la réalisation quelques bonnes trouvailles (des scènes d’actions aux images dédoublées et un split screen plutôt réussi), il ne parvient pas à s’extraire du carcan hollywoodien dont le scénariste et acteur principal, Seth Rogen, est ici l’un des artisans.
Pour endosser le manteau vert du frelon, le protégé de Judd Apatow (40 ans, toujours puceau) s’est taillé un rôle sur mesure : celui d’un anti-héros rondouillard, un brin simplet et misogyne. Embarqué dans un duo comique avec Kato, valet expert en arts martiaux remarquablement incarné par le Taïwanais Jay Chou, Rogen gâche sa recette avec des gags téléphonés, dont de multiples allusions au potentiel homo-érotique des deux partenaires. Le genre de spéculations mille fois ruminées qui gagne à disparaître des écrans.
Côté acteurs, passons sur Cameron Diaz, parfaitement translucide dans le rôle de la journaliste Lenore Case. Peut-être trop concentré sur son propre rôle, Seth Rogen a surtout oublié de donner corps à son alter-ego machiavélique : Chudnovsky, seigneur de la pègre de Los Angeles. Engoncé dans la camisole de ce rôle mal défini, l’oscarisé Christoph Waltz se débat pour donner de l’épaisseur à un personnage sans qui le héros, tout intéressant qu’il soit, n’aurait aucune crédibilité.
Dernier gadget devenu aujourd’hui aussi incontournable qu’il est inutile, l’utilisation de la 3D vient conforter la conclusion : comme Kick-Ass en 2010, The Green Hornet témoigne de la difficulté à subvertir le film de super-héros et ses conventions.
Photo : © Sony Pictures Releasing France
![[Critique] The Green Hornet Michel Gondry est aux commandes d'un blockbuster sans parvenir à échapper à ses travers.](http://www.kub3.fr/wp-content/themes/branfordmagazine/images//2011/01/green-hornet-620x250.jpg)




C’est terrible que ceux qui aient le mieux compris l’intérêt de la 3D soient les publicitaires.
Un beau gachis quand même : les origines du héros expliquées par dessus la jambe en 2 minutes top chrono, la 3D inutile, Michel Gondry (dont on se demande ce qu’il fout là), le sympathique Seth Rogen, Christoph Waltz…
Seul moment bluffant, le “split screen” formidable que tu évoques. C’est le seul indice de la patte visuelle de Gondry sur le film et c’est bien dommage.
Je trouve justement que, contrairement à Kick-ass, on nage en pleine parodie assumée jusqu’au bout, et c’est qui en fait un divertissement jouissif car maitrisé formellement.
Pas vu Kick-ass, mais j’ai bien aimé aussi The Green Hornet, moi =)