[Critique] Les Chemins de la Liberté

Après "Master and Commander", Peter Weir revient avec une épopée mollassonne.

Mortelle randonnée…

Sept ans après l’épopée navale de Master And Commander, Peter Weir revient avec Les Chemins de la Liberté. Librement adapté d’un roman autobiographique de Sławomir Rawicz intitulé A marche forcée, l’histoire retrace l’évasion d’un petit groupe de prisonniers d’un camp de travail sibérien. Un film ambitieux mais trop inégal.

Bien connu pour sa carrière éclectique et son gout prononcé pour l’aventure, Peter Weir vient de loin. Autant dire qu’il n’en est pas à son premier film : en plus de quarante ans, il s’est constitué une des filmographies les plus riches de ces dernières années. Ex-chef de file de la nouvelle vague australienne, le cinéaste a fait ses preuves en 1975 avec Pique-nique à Hanging Rock, a défrayé la chronique en 1982 avec L’Année de tous les dangers et a dressé le portrait de deux personnages hors-normes dans Mosquito Coast en 1986. Australien de naissance mais américain dans l’âme, il s’est risqué à de nombreux genres, du film catastrophe au film d’anticipation, en passant par la comédie burlesque. Il réapparait en ce début d’année avec Les Chemins de la liberté, récit épique d’une évasion de cinq prisonniers politiques confrontés à la nature.

A première vue, tout semble réuni pour un bon divertissement : du cinéma classique à la sauce hollywoodienne et une distribution de rêve. Mais la première heure parle déjà : cette fresque, un peu au ras des pâquerettes, se révèle trop inégale. Composé de deux parties – l’évasion d’abord et la survie ensuite -, le film est en constant déséquilibre à cause d’un début laborieux, plombé par un Colin Farrell excité et un Jim Sturgess mollasson. La première partie se révèle alors trop négligée. Rien d’enthousiasmant… Seul le charisme d’Ed Harris permet de sauver des meubles.

La seconde partie du film parvient néanmoins tant bien que mal à rehausser le niveau. Tandis que les trois hommes assoiffés traversent le désert de Gobi, Peter Weir filme avec une sobriété totale leur survivance, leur gestes, leur longue agonie… C’est dans ces moments que le réalisateur prouve tout son talent. Dans ces traversées impossibles, dans cette survie improbable, dans cette mort qui peut frapper à tout moment… Alors, pendant quelques minutes, tout est dit avec éloquence et beauté visuelle. Seulement, cela ne suffit pas et le film manque cruellement d’intensité. Pendant une grande moitié du film, c’est bien le spectateur qui tente de survivre.

En salles le 26 janvier 2011

Crédits photos : © Metropolitan FilmExport

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