General Elektriks : Good CD for Dreamers

Pas de blague. Généralement, lorsque l’on trouve qu’un album est à chier, on ne se gène pas pour le dire, même si ça ne fait pas toujours plaisir. Heureusement, lorsque la qualité d’une galette ne fait aucun doute, c’est pareil : on le dit, on l’écrit et on l’éructe entre deux bières, pas peu fiers d’avoir assisté l’espace d’un CD à petit bijou musical. Bien sûr le monde de General Elektriks a bien quelques défauts, mais son Good City For Dreamers ne laisse pas la place au doute : ce gars là envoie du steak.

Amoureux des claviers vintage poussiéreux, ce son est fait pour vous. Avec ses glissendos triturés et ses rifs que l’on dirait sortis de guitares saturées, General Elektriks (alias Hervé Salters) enfante d’un second opus dans la droite lignée du premier: Cliquety Cliqk. Celui-ci renfermait le tube incontesté qu’est Tu m’intrigues (un titre utilisé en ce moment pour une pub Mercedes, pour les téléphages). Avec cette première salve, le musicien nous invitait déjà au voyage onirique en nous plongeant directement dans l’ambiance avec son ludique C’est l’introduction. Mais là où la balade se faisait auparavant bucolique, Good City for Dreamers nous éjecte d’un coup sec dans nos arrière-trains mous en plein cœur d’une ville bouillonnante de vie.

Le porte s’ouvre sur un triplé d’enfer avec les petites bombes que constituent le groovy Take Back the Instant, le disco Raid the Radio et l’incontournable You Don’t Listen (qui figure dans la playlist du mois). Ce dernier titre est pour moi la perle de l’album. Mais le bougre est loin de s’enfermer dans la monochromie en enchaînant les tubes qui finiraient par se télescoper. Les ambiances se succèdent mais ne se ressemblent pas, avec un naturel bluffant. On pense notamment au terrible Engine Kickin’ In, qui passe allègrement d’une ouverture teintée d’un noir et blanc façon film des années 50, à un groove qui vient s’installer sans faire de vagues.

Bien sûr General Elektriks a ses influences, et certaines de ses chansons ont parfois un arrière-goût de resucée. You Don’t Listen fait par exemple étrangement penser au thème de New York 1997 de Carpenter. De la même manière Mirabelle Pockets ressemble à s’y méprendre au style d’Of Montreal. Néanmoins ces petits emprunts et points communs laissent toujours la place une réinvention qui ne laisse planer aucun doute sur le génie qui suinte des plages, comme en témoignent par exemple les excellentes ruptures de rythme de Cottons of Inertia ou l’inspiration quasi-Eurythmics de It’s a David Lynch Moment.

A ceux qui apprécieront, réjouissez-vous : il paraît que les prestations scéniques de l’artiste viennent transcender la qualité de ses albums. Une sorte de boule de nerfs derrière ses claviers. Ça tombe bien : le Général est en tournée!

General Elektriks – Good City for Dreamers, sorti le 23 février

Retrouvez ses dates de concert sur son Myspace
Et l’album en pré-écoute, c’est par là

La tracklist

01. Take Back The Instant
02. Raid The Radio
03. You Don’t Listen
04. Helicopter
05. Cottons Of inertia
06. Little Lady
07. Engine Kickin’ In
08. David Lynch Moments
09. Gathering Of The Lost Loves
10. Mirabelle Pockets
11. La Nuit Des Ephémères
12. Bloodshot Eyes
13. Rebel Sun

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