Interview de Micah P. Hinson : retour du cow boy lunaire

Micah P. Hinson passant au Grand Mix, c’était l’occasion de revenir voir jouer l’homme du Texas dans une salle plus grande que le petit Café Disquaire en octobre dernier.

Mais autant l’ambiance du café de la rue Colbert avait une agréable touche beatnik, autant sa performance au Grand Mix, beaucoup plus nerveuse et électrique, a su renvoyer dans les cordes les détracteurs du “folk-musique pour vieux”, que les groupes de la première partie avaient contribué à convaincre.

Cette soirée fut exceptionnelle, à tout point de vue. Hinson jouant ses morceaux les plus connus dans une perfection négligée, coiffant sa performance de deux reprises délicates, Suzanne de Léonard Cohen et This old guitar, dédiée à son père,  de John Denver.

Il était accompagné par son groupe, c’est a dire son batteur, et sa femme qui était au piano. Le show  fut hypnotique, dans le silence attentif du Grand Mix, ponctué seulement par les blagues d’Hinson du genre ” j’ai acheté cette guitare à Lille, c’est la même que celle de Prince. Des fois je me prends pour Prince, putain”.

Prince ou pas, Hinson a bien voulu se laisser approcher par votre dévoué reporter à la fin de concert. Interview au débotté avec Micah P Hinson et son batteur…

Votre show était vraiment chouette ce soir, beaucoup plus électrique que la fois où vous avez joué au Café Disquaire…

Merci c’est gentil, on a essayé de tout faire pour que vous ne vous sentiez pas arnaqués.

- La reprise de Cohen, « Suzanne », était vraiment inspirée… vous avez parlé d’un album de reprises : que s’est-il passé à ce sujet avec votre maison de disque ?

Ils ont pensé que c’était de la merde… on a enregistré des trucs assez marrants, comme des reprises d’Elvis, de Roy Orbison. Mais ils ont refusé de le sortir.

-Pourquoi ? Et je trouve ça étrange de vous demander un projet pareil, vous n’avez même pas trente ans et on vous demande un album de reprises…

Ouais, j’en sais rien. Je veux dire, on s’est bien amusé à le faire, mais ils l’ont refusé.

- En même temps, votre maison de disque, c’est des Anglais…[rires]

Ouais.

- Vous tournez beaucoup en ce moment ? Je vous ai vu au Café Disquaire, à Lille, en octobre, c’était si je me souviens bien votre première date française?

Oui, on aime bien la France

- Vous avez d’autres dates ici en France ou vous rentrez aux États-Unis ?

Non, on a encore quelques dates ( à Strasbourg notamment ), puis on va en Espagne. On tourne beaucoup en Angleterre et en Espagne.

- Vous pensez que vous avez plus de succès en Europe ou aux États Unis ? Vous avez l’air de bien aimer l’Europe..

On adore l’Europe. Ça marche beaucoup moins bien aux États-Unis pour nous.

- Pourquoi ? Le public n’est pas intéressé par votre musique ? Qu’en est-il au Texas [l’État d’où ils viennent] ? Austin est pourtant une ville assez étudiante…?

Il n’y a pas vraiment de soutien, on ne reçoit que peu d’offres pour jouer là-bas. L’ Europe, pour ça, c’est vraiment le pied.

- Pendant qu’on parle des États-Unis, une question peut être plus personnelle : que pensez vous de votre nouveau président, Barack Obama ?

Obama… je veux dire c’était toujours mieux que les autres candidats. Mais je pense qu’il est meilleur à parler qu’à agir.

- D’accord. Une toute dernière question, car je vous vois sur le départ. A un moment, vous avez joué une très belle reprise que je n’ai pas reconnue, et je n’ai pas retenu le nom du type… vous avez parlé d’un génie américain.

Oh, c’est David Bazan, il vient du groupe Pedro the Liar Lion[Il prend le temps de noter toute une liste de noms sur mon calepin, alors qu’ils sont en train de tout ranger]. Regarde ça aussi : Will Johnson et Eric Lachmann. Tu n’as pas vécu si tu n’as jamais entendu parler de ces mecs là.

Merci à Samia, Marine et Jean Christophe.

Crédits photos : © Marine Duquesnoy

Interview également publiée ici.

Ca peut aussi vous intéresser :

About Marki Rollmops