Naive New Beaters : l’interview

La semaine dernière, les Naive New Beaters étaient à Tourcoing pour la deuxième édition de Tourcoing’s Burning, la soirée électro du Grand Mix. Nous avons pu les rencontrer dans un salon de leur hôtel, quelques heures avant qu’ils ne montent sur scène.

Au menu : le succès grandissant, la tournée européenne actuelle et leur rêve américain. Vous le verrez, ils ne manquent pas d’humour - et ne répondent pas toujours aux questions ! Morceaux choisis.

“KUB3 : Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ? Qui fait quoi dans le groupe ?

[Au centre] Moi je suis David Boring, je suis chanteur américain. Mais direct, pas de chichi.

[A droite] Moi je suis Martin Luther B.B. King, je suis Guitar Hero pasteurisé. Cash.

[A gauche] Moi pareil je suis cash je vous jure ! [rires, ses potes se foutent de lui] Non sérieusement, moi je suis Eurobelix, je suis aux machines.

Vous dites souvent que votre musique est de la “pop rappée”…

David Boring : Oui, c’est pas totalement faux je pense. C’est un mélange de rock, d’électro et de rap.

Pourquoi aller vers cette synthèse des genres ?

David Boring : C’est vrai ça, on ne s’est jamais posé la question… Chacun joue dans son coin et ensuite on se met dans le salon [rires].

Vous tournez depuis un an et demi à peu près, où en êtes-vous de la tournée ?

Eurobelix : On a commencé la tournée avec The Kills. Maintenant on commence à avoir des dates tout seuls, ça c’est cool.

A ce propos, comment en êtes-vous venus à jouer avec les Kills ? Ce n’est pourtant pas forcément le type de groupe avec lequel on vous associerait…

Eurobelix : J’avais un contact avec Kate Moss en fait.

C’est vrai ?

Eurobelix : Non ! [rires] Si je connaissais Kate Moss je te parlerais plus depuis longtemps.

David Boring : Non, par contre on connaît la maman de Kate Moss. On l’a vue à la dernière de la tournée à Londres, en backstage.

Puisqu’on parle de Kate Moss, vous étiez aux Nuits Secrètes et vous avez croisé Peter Doherty en backstage. Il paraît que vous avez fait vos groupies et que vous avez pris une photo avec lui. C’est vrai cette histoire ?

David Boring : Ah non ! C’est pas la peine de le dire… moi je les ai regardés de loin.

Eurobelix : Non mais le concert qu’il avait fait était mortel, donc on est allés le voir après. On a fumé une cigarette ensemble, c’était cool.

David Boring : On a même dit bonjour à ses enfants, et à sa meuf… enfin, une de ses meufs quoi ! Je lui ai demandé où était le fromage, elle ne m’a pas répondu.

newnaivebeaterspost500

Vous tournez en France et en Europe et avez une dernière date à Paris, à la Cigale le 7 mai 2010. Est-ce que ça marque la fin de votre tournée ou vous allez continuer sur les festivals d’été ?

David Boring : Disons que ça aurait été cool de marquer le coup en disant « Ouais c’est la fin de la tournée ! », mais en fait non. Pour nous, c’est même plutôt le début de la tournée d’été.

Vous allez jouer des morceaux de votre prochain album ?

Eurobelix : En fait on l’a pas encore écouté, notre prochain album ! La maison de disque ne nous l’a pas envoyé !

David Boring : Non sérieusement, dès qu’on a du temps on essaie de bosser et on travaille d’arrache-pied. L’important sur cette date à la Cigale, c’est qu’il y aura un truc de fou. Il va y avoir des surprises.

Comme des guests ?

David Boring : Oui voilà. Des apparitions assez… on n’en dit pas plus ! Vous verrez !

Vous avez déjà des contacts pour des festivals à l’étranger alors ?

Eurobelix : Le but pour nous, c’est de tourner au maximum. On a déjà fait pas mal de festivals cet été [NDLR : Les Eurockéennes de Belfort, les Francofolies de la Rochelle, les Vieilles Charrues, le Montreux Jazz Festival…], mais à l’étranger il y a plein de festivals qu’on n’a pas faits et où on aimerait bien jouer. On vient de signer avec un tourneur anglais, et il est justement en train d’essayer de nous booker.

David Boring : Et il nous a promis des festivals anglais cet été…

Il vous a promis la grande scène de Glastonbury, c’est ça ?

David Boring : Au moins ! [rires]


« Notre ambition finale est de remplir
le stade de Los Angeles »

Vous êtes tous les trois fascinés par la Californie. D’où vous vient cet intérêt ?

Martin Luther B.B. King : En fait David Boring a passé son enfance là-bas, il connaît bien. Nous on y est allés aussi chacun de notre côté. Quand on s’est retrouvés pour faire de la musique, on a discuté de ça et maintenant c’est ce qui nous soude. La première fois qu’on s’est retrouvé c’était autour d’un burger !

Alors vous avez le projet de conquérir les États-Unis, c’est ça ?

Eurobelix : Oui voilà, notre ambition finale est de remplir le stade de Los Angeles. C’est comme la fin du jeu en fait.

Martin Luther B.B. King : Ouais enfin c’est une des fins du jeu. Parce que souvent dans le jeu il reste toujours des fins que tu ne soupçonnais pas. Ce serait pas forcément la fin, mais c’est en tout cas notre ambition.

Puisque vous avez l’air d’avoir des objectifs assez clairs, vous savez aussi comment vous allez faire pour le remplir ce stade ?

David Boring : La solution est de jouer le plus possible à l’international.

Eurobelix : Déjà, dans l’immédiat, c’est ce qui va se passer en Angleterre qui est important. On va y sortir l’album Wallace en 2010 et on va y refaire une tournée.

David Boring : Le maxi qui précède l’album vient de sortir, d’ailleurs. Il s’appelle Bang Bang/Get Love. En France c’était deux maxis différents, mais en Angleterre la maison de disque nous a proposé de sortir les deux sur un seul et même volume.

Martin Luther B.B. King : Et la tournée qu’on vient de faire là-bas était là pour le promouvoir justement.

Sinon, vous avez déjà tourné un clip aux États-Unis, Just Another Day. C’était en Californie, d’ailleurs. Vous pouvez nous raconter comment ça s’est passé ?

Martin Luther B.B. King : Justement on en revient ! C’était il y a trois semaines, ou un mois à peu près. On a fait ça avec un réalisateur avec qui on avait déjà eu des contacts pour certains projets, mais ça n’avait pas pu se faire. Cette fois, on a réussi à se mettre d’accord sur des dates qui tombaient parfaitement dans le planning de notre tournée : on avait quatre jours libres donc on est allés à Los Angeles. On a tourné le clip et on est plutôt content du résultat.

David Boring : Et il est en ligne sur notre MySpace depuis hier seulement ! Donc fais tourner à ta famille.

Pas de problème, on peut l’insérer dans le corps de l’interview si vous voulez.

[NDLR : Voici donc le clip de Just Another Day, tiré de l’album Wallace]

David Boring : Ah oui pas mal ! Mets-le deux fois alors ! Parce que parfois les gens voient qu’il y a une vidéo mais ne cliquent pas dessus… Ce n’est que la deuxième fois qu’ils cliquent ! Petite technique qu’on a appris avec Internet.

[NDLR : Bon, on vous la remet alors, mais cette fois cliquez dessus !]

C’est bientôt Noël et les lecteurs de KUB3 ont besoin de faire des cadeaux. On voulait donc vous demander : vous les achetez où, vos pulls ?

David Boring : C’est ma maman qui les fait, ils sont introuvables dans le commerce.

Martin Luther B.B. King : Pour de vrai, il y a des gens qui veulent en acheter pour les porter ?

Oui… il faut vendre ça au merchandising après les concerts !

David Boring : Mais trop ! Pas de raison que nous aussi on ne réussisse pas comme Jean-Paul Goude, heu… Gaultier.

Eurobelix : Pourquoi on ne ferait pas ça, sérieux ?

En choeur : Mais oui !

Qui dit fin de l’année dit aussi période des classements : quel est votre album de l’année ou le concert que vous avez vu qui vous a le plus marqué ?

Eurobelix : L’album de Pete Doherty.

David Boring : J’ai beaucoup aimé Lykke Li en live, on l’a vue au Canada. J’adore son album sorti l’an dernier. Big up à Miike Snow aussi, bel album ! On a tourné avec eux en Allemagne, on faisait leur première partie. Mais ils ne nous ont pas laissé beaucoup de temps pour jouer ! [rires]

Martin Luther B.B. King : J’ai préféré 2008, mais s’il fallait choisir ce serait l’album de The Whitest Boy Alive, très agréable à écouter.

David Boring : L’album de Passion Pit aussi, j’aime bien.

Eurobelix : Celui de Julian Casablancas aussi est pas mal !

Pour conclure, quelle est la question qu’on ne vous a pas posée et à laquelle vous n’auriez pas aimé répondre ?

David Boring : Les questions en rapport à la sexualité… C’est toujours gênant, ça me met dans l’embarras ! [rires]“

Le Myspace des Naive New Beaters

Interview réalisée le 11 décembre 2009 par Jean-Christophe Pujos et Samia Chevineau

Ca peut aussi vous intéresser :

About Jean-Christophe